Bienvenue !

Bienvenue !
Pauvre de toi, visiteur !
Tu es tom dans l'antre où je range tous mes délires !
Mais puisque tu es là, entre, je t'en prie ! Jette un coup d'oeil, et dis-moi ce que tu penses de ce que jcris, si tout ça te part ridicule ou intéressant, si c'est bien écrit ou si je n'égale pas le niveau d'un CP, si il y a trop de sang ou pas assez, si c'est trop sombre ou pas assez, si je devrais arrêter là et aller me faire soigner ou conquérir le monde et le plonger dans un chaos indescriptible, mwahaha !

Bonne visite à toi !^^


Sommaire

I - DEMON'S EYES
Série affiliée : HELLSING

Finie

Chapitre 1 : Paru
Chapitre 2 : Paru
Chapitre 3 : Paru
Chapitre 4 : Paru
Chapitre 5 : Paru
Chapitre 6 : Paru
Chapitre 7 : Paru
Chapitre 8 : Paru
Chapitre 9 : Paru
Chapitre 10 : Paru


II - THE BLIND SHADOW
Série affiliée : THE LEGEND OF ZELDA : TWILIGHT PRINCESS

En cours

Prologue : Paru
Chapitre 1 : Crépuscule Paru
Chapitre 2 : Ombre Paru
Chapitre 3 : Poursuite Paru
Chapitre 4 : A paraître


REFERENCES :


HELLSING

Londres, fin du vingtième siècle. Les humains cohabitent, sans le savoir, avec les créatures de la nuit telles que vampires et loups-garous. Surtout vampires. Mais ces derniers sont considérés comme nuisibles au vue des attaques perpétrées sur les humains. Une organisation spécialisée dans l'éradication de monstres, l'agence Hellsing, s'occupe de tous les cas nécessitant élimination. Et pour ce faire, la dirigeante de l'organisation, Sir Integra Hellsing, possède un atout des plus remarquables : un vampire à son service, portant le nom d'Alucard.
Un soir, Alucard est envoyé au village de Cheddar pour éliminer un vampire ayant dévoré tous les habitants. Des policiers ont déjà été envoyés sur les lieux, mais un seul a survécut à l'attaque du vampire : une jeune femme du nom de Ceras Victoria. Alucard, pour éliminer le vampire, est obligé de blesser mortellement la jeune femme, mais lui laisse ensuite le choix de mourir ... ou de continuer. La jeune femme décide de vivre, et c'est ainsi qu'elle est transformée en vampire par Alucard, et qu'elle rejoint l'organisation Hellsing. Ainsi, Integra Hellsing, son majordome Walter C. Dornez, ancien nettoyeur de l'organisation, Alucard et Ceras exterminent-ils les vampires, tout en cherchant à résoudre le mystère de certains monstres apparement fabriqués "à la chaîne". Mais cette tâche ne sera pas si aisée : en effet, la section XIII du Vatican, nommée Iscariot, ne va pas apprécier l'intervention de cette organisation protestante, et va envoyer son meilleur chasseur de monstre : le père Alexander Anderson, un adversaire redoutable, même pour le puissant Alucard ...

# Posté le mardi 03 juin 2008 11:36

Modifié le mardi 01 septembre 2009 06:01

I- HELLSING : DEMON'S EYES

I- HELLSING : DEMON'S EYES
Ceci est une première fic, que je ne trouve pas particulièrement réussit, mais que j'ai prit plaisir à écrire malgré tout. Ce premier chapitre est uniquement destiné à poser les personnages, et n'a donc apparement, pas de rapport avec Hellsing, excep le fait que l'histoire se passe à Londres. Il risque de changer un peu car je n'en suis pas ts satisfaite. On verra bien.
Bonne lecture !

Chapitre 1 :

Les pieds nus de la petie fille claquaient sur les dalles de pierre
"Reviens ici, sale voleuse !"
Ne surtout pas se retourner. Jamais.
"Au voleur ! Arrêtez-la !"
Toujours courir tout droit, le plus vite possible, et ne surtout pas lâcher son butin. Sauf lorsque cela devient nécessaire. En l'occurence, c'était, semble-t-il, une situation assez délicate pour que la petite fille laisse s'échapper de ses bras frêles le sac de pommes qu'elle avait réussi à subtiliser. Sifflant entre ses dents, réfléchissant à toute vitesse, elle se trouvait maintenant devant un choix difficile : garder le sac au risque de se faire rattraper, ou le laisser tomber pour les ralentir et ne pas manger avant encore longtemps. Courant toujours, entendant les pas se rapprocher, elle pensa soudain à une idée qui fit apparaître un sourire astucieux sur son visage émacié. Elle laissa tomber les pommes. Ou plutôt, elle prit une pomme dans le sac qu'elle lança derrière elle. Le cri et le bruit de chute qui suivirent lui apprit qu'elle avait touché dans le mille. Lançant un autre fruit pour être sûre que les commerçants s'étaient arrêtés, elle se mit à courir plus vite encore qu'elle ne l'avait fait jusqu'à présent. Comptant sur le soutien de ses maigres jambes qu'elle avait entraîné à cet exercice, tenant toujours serré contre elle le sac de pommes, elle fonça en direction d'une minuscule ruelle, s'y engouffra et disparut à la vue de ses poursuivants. Celui qui avait reçu la pomme dans le visage se releva, considéra, furieux, la ruelle où avait disparut son sac de pommes, et tourna les talons en jurant.
"Cette sale gamine ... c'est le troisième sac qu'elle me vole en un mois ... et quand elle ne les jette pas carrément dans la Tamise, c'est dans ma tête qu'elle les envoie ! Ah ça, je la louperai pas la prochaine fois !"
Et il retourna, furibond, vers son stand de fruits, où l'attendaient déjà une foule de clients impatients et râlant.
La petite fille courrait toujours dans la ruelle, s'enfonçant toujours plus profondément à l'intérieur de la ville. Elle ne croisa personne le long de ce chemin étroit et sale. L'écho de ses pas sur le sol se répercutait autour d'elle, l'empêchant de savoir si elle était encore poursuivie, ou non. Elle ralentit doucement, puis, quand elle fut certaine qu'elle était seule, elle s'arrêta et s'appuya contre un mur, haletante, épuisée mais heureuse de sa réussite. Un sourire de victoire se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle se laissait glisser le long de la façade. Elle prit une pomme du sac, la souleva devant ses yeux, la fit tourner dans sa main ... et mordit dedans avec toute la violence de celui qui n'a rien mangé depuis bien longtemps. Elle ne laissa rien du fruit, pas même le trognon. Après avoir terminé son maigre festin, elle essuya le jus qui coulait le long de son menton. Elle saisit le sac de fruits, le serra fermement dans ses bras, et se remit en route en trottinant, en direction d'un quartier désafecté dont elle seule connaissait l'emplacement. Les bruits de ses pas se répercutaient autour d'elle.

"La voilà !" s'écria un petit garçon en montrant une silhouette qui se rapprochait et qui semblait tenir contre son coeur un objet très précieux. A ces mots, plusieurs autres enfants sortir en courant d'une maison aux vitres brisées où ils avaient élu domicile. L'un d'entre eux rentra la tête dans le bâtiment.
"Mim est revenue !" Et il rejoignit ses amis qui s'étaient déjà rassemblés autour de leur aînée. Celle-ci, fière et heureuse, leur montrait son butin. Avec ça, ils auraient de quoi tenir une semaine, si chacun veillait à se rationner. Mais ça, ils en avaient l'habitude. La nourriture qu'ils trouvaient était trop précieuse et trop rare pour être gâchée. Le petit garçon qui avait prévenu les autres de l'arrivée de Mim s'arrêta devant elle. La petite fille baissa la tête et tendit son poing fermé.
"Yo Iian, quoi de neuf pendant que j'étais partie ?"
Iian posa son propre poing sur celui de son amie.
"- Rien aux alentours.
- Et cette partie de chasse, alors ?"
Le visage du garçon s'assombrit. Honteux, il baissa la tête vers le sol. Mim le regarda, compréhensive. Elle mit une main dans ses cheveux et lui ébouriffa le crâne.
"- Bah, t'inquiète pas, va ! On a assez à manger pour quelques jours avec ça !
- Ouais, mais ça m'énerve d'avoir raté encore une fois.
- Ca ira mieux la prochaine fois, va ! Et puis, vous êtes revenu toi et Swann, c'est le plus important ..."
Sa voix mourut légèrement lorsqu'elle vit le visage blanc et angélique dans l'encadrement de la porte. "Hey, Abi !" dit Mim.
Son visage était caché par une épaisse écharpe de laine élimée, de telle sorte que ne pointait par dessus ses vêtements que le bout de son nez et ses yeux d'un vert extraordinaire. Des yeux qui se remplirent vite de larmes, et avant que Mim ait pu le réaliser, la petite fille la serrait dans ses bras le plus fort qu'elle pouvait.
Sentant les larmes couler le long de son t-shirt usé, une boule vint se loger dans la gorge de Mim. Elle repoussa les petits bras, s'accroupit et caressa les boucles blondes qui entouraient la tête d'Abigaël.
"- Hey, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle avec un sourir rassurant, mais qui trahissait son inquiétude.
- R ... rien, dit la petite fille entre deux reniflements. J'ai juste ... eu peur que tu ne reviennes pas !
- Enfin Abi, faut pas s'inquiéter pour si peu ! Je reviens toujours, non ?
- Oui ... murmura Abigaël .... tu reviens toujours."
Elle avait arrêté de pleurer. La saleté était partie là où les larmes étaient passées ; elle dardait maintenant son regard vert dans les yeux gris de Mim. Un regard pénétrant, qui la surprit.
"- Pourquoi tu es partie aussi longtemps ? Où tu es allée ?
- Je suis allée chercher à manger !"
Le visage de la petite fille s'illumina de bonheur. Ses yeux redevinrent ceux d'une petite enfant, brillants d'impatience.
"Oh super, à manger ! Qu'est-ce que tu as ramené ?"
Avec un grand sourire, Mim sortit une pomme du sac et l'exhiba fièrement devant les yeux de la petite fille. Celle-ci ne put retenir une exclamation de joie et elle tendit la main vers le fruit. Mim joua un peu avec, le mettant hors de portée des petites mains, puis juste assez près pour qu'elle l'effleure mais ne l'attrape pas. En riant, elle lui tendit finalement la pomme.
"Allez tout le monde ! A table !"
Des excalamtions enjouées se firent entendre de la petite foule rassemblée autour de Mim. Essayant de rétablir un ordre relatif, elle finit par obtenir des six enfants affamés qu'ils se mettent en file indienne devant elle. Puis elle leur donna deux pomme chacun et une autre pour Abigaël. Tous repartirent avec leurs frutis dans les bras, heureux de pouvoir enfin manger après une longue période de jeun forcé. Mim les regardait et attendit qu'aucun d'eux ne lui prête plus attention pour s'asseoir contre le mur et arrêter de sourire.
"Qu'est-ce que tu as ?" demanda une voix au-dessus d'elle.
Levant les yeux, elle remarque l'air inquiet de Iian.
"Parle moins fort ! lui chuchota-t-elle. Je suis juste ... frustrée.
- Frustrée ? dit le garçon et s'asseyant à côté d'elle. Pourquoi ? On a à manger, non ?
- Oui mais dans une semaine il faudra retourner chercher de la nourriture, et c'est de plus en plus dur ! On risque encore de passer un bout de temps sans manger.
- Ca doit pas trop te déranger, toi, de rien manger ..."
Mim fut choquée. Elle ne s'attendait pas à ça.
"- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je t'ai jamais vu manger, que ce soit moi, Swann, Luke ou toi qui ramène de quoi survivre. T'es plus maigre que nous tous réunit, parce que tu nous donnes toujours ta ration ... même si tu en gardes un peu plus pour Abi.
- Faut comprendre : elle n'a que cinq ans, ce que vous mangez peut pas lui suffire. Vous avez tous neuf ou dix ans, c'est normal que vous mangiez plus que moi, qui ai douze ans et qui peut me permettre de me priver sans que ça me manque.
- Ca c'est une excuse minable, dit Iian.
Puis il lui dit :
"- T'as mangé une pomme, ou pas ?
- Ouais, sur la route en revenant. J'ai tout mangé, ça fait tellement longtemps qu'on n'avait pas trouvé de fruits frais !" dit Mim.
Le garçon la regarda droit dans les yeux. Mim ne cilla pas.
" Ok, je te crois", dit-il.
Puis il se leva et, après un regard sur son amie, il retourna avec les autres enfants.
La petite fille soupira. Elle ferma les yeux ... et sentit une goutte d'eau froide s'écraser sur son front. Elle rouvrit les yeux, leva la tête et reçu une autre goutte. Puis une autre. Une autre encore. Elle se leva et partit en trombe dans la maison abandonée, récupérant le sac de pommes et faisant signe aux autres de rentrer. La pluie tomba drue juste au moment où tout le monde s'était abrité dans le bâtiment. Comme à chaque orage, Mim entreprit, avec l'aide des garçons, d'obstruer les fenêtres brisées avec des planches de bois, quelques clous et un vieux marteau qu'elle avait trouvé un jour dans un vieux débarras. Une fois le rez-de-chaussée protégé, un pseudo silence s'établit, car le bruit des gouttes d'eau s'écrasant sur les pierres de la rue étaient très atténué par la rapide - mais néanmoins efficace - protection. L'étage était déjà barricadé. Il l'était toujours, car on y allait peu. Seulement pour y dormir lorsque les hivers étaient trop froids, car il y avait encore (par quel miracle, c'était encore un mystère) des vitres qui isolaient de la glace et de la grêle.
La lumière déclina rapidement, et bientôt il ne fut plus possible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Tous décidèrent qu'il était temps de se coucher. Les épaisses couvertures que Mim avait trouvé dans les bâtiments alentours protégeaient bien du froid, mais tous, en général, s'endormaient les uns contre les autres - le plus souvent pour se sentir moins seul. Seule Mim ne dormait pas avec les autres. En fait, Mim ne dormait jamais, constamment à l'affût d'un bruit, d'un geste, d'une vibration qui l'aurait avertit de la présence de quelqu'un ... ou de quelque chose. Parfois, elle glissait dans une sorte de torpeur et laissait vagabonder son esprit un instant, puis secouait la tête, repoussait les mèches brunes qui se collaient sur son front et reprenait sa surveillance. Ce soir-là n'y fit pas exception. Au beau milieu de la nuit pourtant, une silhouette emitouflée dans un épais pullover et le nez caché par une grosse écharpe s'approcha d'elle.
"Mim ... je peux dormir près de toi ?"
Celle-ci haussa les épaules et étendit ses longues jambes maigres. Abigaël sourit et s'allongea sur les jambes de Mim, s'enroulla dans sa couverture et, fermant les yeux, poussa un soupir satisfait.
Le silence s'était fait depuis quelques minutes, quand elle chuchota :
"- Dit Mim ...
-Hum ? fit-elle sans détourner son regard.
- Tu crois que les autres savent pour nous ?"
Mim leva un sourcil étonné et baissa les yeux sur la petite fille.
"- Je ne pense pas ... pourquoi ?
- Parce que j'ai peur qu'ils fassent comme tout le monde et qu'ils nous trouvent bizarre parce que tu me protège beaucoup.
- Pff, c'est idiot de ta part de penser ça ! Il ne faut pas que tu t'en inquiète, ça n'arrivera pas ... et même si ça le devait, je sais qu'ils comprendront ... sans nous juger ou dire des choses totalement absurdes. Je leur fait totalement confiance,et je sais qu'il en sera ainsi."
Le visage d'Abigaël s'illumina.
"- Tu le crois vraiment ?
- Je ne vois pas pourquoi je te mentirais." répondit Mim.
La petite fille la regarda de ses yeux verts qui semblaient luirent dans l'obscurité. Puis elle abaissa ses paupières et se blottit tout contre le corps de Mim.
"- Merci d'être restée avec moi, grande soeur !
- De rien ..." dit Mim, caressant distraitement les boucles blondes de sa petite soeur. Elle attendit de la sentir se détendre sous ses doigts, que sa respiration devienne lente et régulière et arrêta son mouvement. Le regard fixé droit devant elle, Mim laissa son esprit partir quelques secondes, libéré de nombre de chaînes qu'elle n'avait révélé à personne. Elle ouvrit la cage et le laissa virevolter quelques instants, puis elle l'attrappa, le jetta violemment dans sa prison et remit le verrou.
Dehors la pluie continuait toujours, détrempant tout et emportant les souvenirs de Mim avec elle, le long des rigoles et des caniveaux.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 12:32

Hellsing : Demon's Eyes

Hellsing : Demon's Eyes
Et voici la suite !

Chapitre 2 :

Le lendemain, la pluie n'avait toujours pas cessé. Pis, elle semblait avoir gagné en intensité. Pourtant, l'air était lourd et tiède, et des volutes de vapeurs s'élevaient d'entre les rainures des pavés de pierre. Mim, debout sous le petit préau au-dessus du porche, tendit sa main vers la rue. Les gouttes qui s'écrasèrent sur sa main la trempèrent d'une eau bien plus chaude que la jeune fille l'avait tout d'abord crut. Doucement, elle sortit de son abri et s'exposa à la pluie. Elle fut instantanément trempée des pieds à la tête, mais cela lui procura une sentation d'apaisement qu'elle n'avait pas ressentie depuis très longtemps. Elle laissa l'eau ruisseler dans ses yeux, dégouliner le long de ses longs cheveux bruns, glisser le long de son dos à travers son t-shirt trop large et troué, le long de son court caleçon jusqu'à ses pieds. Elle laissait la pluie la laver et emporter toutes les angoisses et les cauchemars qu'elle subissait depuis quelques temps et qui ne lui disaient rien qui vaille. Pendant un bref instant, elle redevint une petite fille de douze ans ; mais elle ne s'autorisa pas à mêler ses larmes à la pluie, car elle cragnait ne plus pouvoir s'arrêter. Cette envie lui fit immédiatement retrouver le rôle qu'elle s'était attribué, celui d'une fille qui, ayant tout perdu ou presque, doit se montrer forte non seulement pour elle, mais aussi pour les autres. Ainsi était Mim, avec ce regard dur et froid qu'on ne voyait que chez ceux qui avaient vécu dans la peur et l'angoisse. Les cernes sous ses yeux mettaient encore plus en relief ce visage émacié où brillaient deux flammes que rien n'aurait pu éteindre. Rien ... ou presque.
Des bruits à l'intérieur du bâtiment lui informèrent que quelqu'un venait sans doutes de se réveiller. Craignant que Iian ne la surprenne et lui pose encore des questions auxquelles elle devrait mentir, elle se dépêcha de rentrer dans le bâtiment. Ce n'est qu'une fois sur le porche qu'elle s'aperçut réellement qu'elle était trempée jusqu'aux os. Murmurant un juron, elle s'approcha de sa couverture le plus silencieusement qu'elle put, la saisit sans réveiller sa soeur qui dormait tout près et se sècha du mieux qu'elle put, tout en sachant pertinamment qu'elle ne ferait croire à personne qu'elle n'était pas sortie. Bah, elle trouverai bien quelque chose pour justifier ça. Par exemple, elle pourrait prétendre qu'elle était sortie récupérer une pomme qui avait roulé hors du sac la veille au soir et qu'elle avait remarqué seulement ce matin. Oui, c'est exactement ce qu'elle allait dire, qu'elle était allée récupérée la pomme ...
Elle se tendit. L'atmosphère, si calme il y avait un instant, était devenue lourde et inquiétant. Mim s'immobilisa et tendit l'oreille. Doucement, elle glissa la main dans son dos, saisit le manche du petit couteau qu'elle gardait toujours avec elle, puis attendit. Combien de temps, elle ne le sut pas ; il lui sembla qu'une éternité s'écoulât avant que la tension ne retombe. Elle ne se détendit pourtant que lorsqu'elle fut sûre qu'il n'y avait plus personne - ou plus rien - à craindre. Poussant un discret soupir de soulagement, elle baissa la tête ... et retint un cri de surprise. A ses pieds, Abigaël avait ouvert les yeux du plus grand qu'elle était capable, et fixait le plafond d'un regard vide. Elle agitait les lèvres comme pour appeller quelqu'un qu'elle seule pouvait voir et sentir.
Mim ne put s'empêcher de frissonner. Une pensée lui traversa l'esprit, et cela ne la rendit que plus nerveuse encore. Elle jeta un regard par-dessus son épaule.
"Ce qui l'a mis dans cet état, se pourrait-il que ce soit ..."
Elle secoua soudain la tête, comme pour chasser cette question.
"Non, c'est impossible. Ils nous auraient déjà trouvé sinon ..."
Elle reporta son intention sur sa soeur. Elle avait retrouvé le visage d'une petite fille endormit profondément.
Mim se détendit un peu. Elle s'installe près de sa soeur comme elle l'était avant de sortir sous la pluie. Assise en face de la porte, elle ne remarqua qu'un peu tardivement que quelqu'un la regardait. Les deux yeux bleus de Iian la fixaient intensément, comme des lames de couteaux. Puis, sans la quitter du regard, il se rallongea doucement, et rabattit sa couverture sur son visage. Mim devina qu'il devait soit pleurer en silence, soit se mordre jusqu'au sang pour ne pas le faire. Elle savait qu'il pensait au temps où Abigaël revêtait ce visage presque tous les soirs, et elle savait également qu'en cet instant il faisait la même prière qu'elle.
"Pitié, faîtes que ça ne recommence pas comme avant!"

"- Bon, où est-ce que vous allez ? demanda Mim.
- On prend les quartiers Est avec Swann, lui répondit Iian.
- Ok, et toi Edward ? demanda-t-elle à un grand garçon dégingandé.
- Au Sud, comme d'habitude, répondit-il.
- Ok ça marche."
Se plaçant devant une ruelle qui menait aux quartiers Ouest, Mim se retourna et constata qu'ils étaient tous trois prêts à partir.
" Eh bien messieurs, bonne chasse." leur dit-elle.
Et avant de partir, elle ajouta :
" Et évitez les qurtiers Nord !"
"On sait !' lui répondirent en coeur ses amis.
Ils partirent exactement au même moment, chacun de leur côté. Mim espérait beaucoup de ces rapts. Même en se rationnant au stricte minimum, le sac de pommes n'avait pas duré plus d'une semaine. Cela faisait maintenant trois jours qu'ils n'avaient rien mangé et la faim commençait sérieusement à se faire sentir. Pour tous. C'est pourquoi elle priait les grondements de son estomac de cesser et ses pieds nus de claquer moins fort sur les pavés de pierre, de peur qu'on ne la remarque avant qu'elle n'ait pu attraper ne serait-ce qu'un fruit.

"Je t'aurai cette fois, sale petite voleuse !"
Raté.
Non seulement elle n'avait réussit à récupérer qu'une orange rachitique, mais elle était poursuivie par tous les marchands de la rue, bien décidés à faire cesser ces vols incessants. Mais ce coup-ci, pas de feinte possible : elle n'avait rien à leur lancer au visage, à part cette orange qui n'aurait pas fait pleurer un petit enfant, même lancée à pleine vitesse. Mais elle était également bien plus rapide que la dernière fois, n'ayant d'autre poids à porter qu'elle-même. Et, des années de vie dans la rue et de courses-poursuites aidant, elle distança facilement ses poursuivants et s'engagea dans la ruelle qui conduisait dans ce quartier abandonné où elle vivait.
Voyant la petite fille disparaître au coin du mur, l'un des marchands exhiba un sourire de triomphe.
"Elle ne s'en sortira pas, j'ai appellé la police, ils sont déjà en position !"
Avec des ricanements satisfaits, ils s'élancèrent à sa poursuite, pressés d'en finir.
Mim courait droit devant elle, se faufilant dans les allées comme un éclair, quand soudain elle fut forcée de freiner. La rue qu'elle devait obligatoirement prendre pour rejoindre leur abri était obstruée par des policiers qui, apparemment, n'attendaient qu'elle. Ils ne l'avaient pas encore remarquée, mais cela n'aurait su tarder, étant donné le vacarme des commerçants qui se rapprochaient. Elle regarda autour d'elle en quête d'une issue et n'en vit qu'une seule : escalader le bout du cul-de-sac à sa droite et passer par les quartiers Nord. Cette alternative ne lui plaisait pas, pourtant elle n'avait pas le choix. C'était ça, ou l'orphelinat. Cette pensée la décida, et elle s'engouffra dans la ruelle, peu de temps avant que ses poursuivants n'arrivent dans la rue en courant à toute allure. Quand ils interrogèrent les policiers, ceux-ci leur répondirent qu'ils n'avaient vu personne et que l'autre allée de la rue se terminait en cul-de-sac. Persuadés qu'elle était coincée, ils se précipitèrent dans la ruelle que Mim avait emprunté quelques secondes auparavant. Mais quand ils arrivèrent au bout, ils ne trouvèrent personne. Profitant de son élan, elle avait grimpé le mur en courant, avait attrapé ce qui avait été une poutre, et s'était hissée derrière le mur devant lequel se trouvaient une quinzaine de personnes, incrédules et furieux de l'avoir laissée s'enfuir, une fois de plus.

# Posté le samedi 07 juin 2008 14:53

Hellsing : Demon's Eyes

Hellsing : Demon's Eyes
Et voici la suite ! Le prochain chapitre arrivera dans la semaine, je ne sais pas quand précisément, vu que je suis en internat et que l'accès à Internet est très ... instable, dirons nous.

Chapitre 3 :

Mim courait. Elle avait pris l'habitude de courir depuis des années, mais à travers des ruelles qu'elle connaissait par coeur et dont elle n'avait pas peur. Les ruelles qu'elle traversait maintenant lui paraissaient labyrinthiques, et les édifices abandonnés qui les bordaient semblait s'étirer vers des hauteurs vertigineuses et leurs ombres menaçant de l'engloutir. La petite fille n'aimait pas ces quartiers. Trop de choses s'y étaient déroulées pour qu'elle se risque à y aller, mais en l'occurence elle n'avait pas eu le choix. Tout valait mieux que de laisser seule la petite bande dont elle était plus ou moins devenu le chef. Et surtout, de les laisser seuls avec sa petite soeur. A cette simple pensée, Mim frémit d'angoisse. Vers quels démons sa soeur aurait-elle alors posé son regard, et qui aurait été assez fou pour la sauver ... et par la même occasion, se sauver soi-même ?
La petite fille courait ainsi, plongée dans ses pensées, quand, arrivée à un croisement, elle s'arrêta net. L'atmosphère était devenue lourde et angoissante. Mim frémit. D'après ses estimations, elle ne se trouvait plus très loin de leur refuge, mais elle espérait de tout coeur que la chose que sa soeur avait ressentie quelques jours plus tôt ne se trouvait pas près d'elle. L'ambiance devint de plus en plus menaçante. La petite fille, tentant de garder son calme, tourna sur elle-même, essayant de repérer d'où, d'entre les quatre direction qui s'offraient à elle, provenait cette impresion grandissante de mort. Un raclement sourd se fit soudain entendre. Mim se retourna vivement ... et retint un haut-le-corps. D'une ruelle s'avançaient des chose humaines ... qui avaient été humaines. Car, à en juger par leur état de décomposition avancée, ces gens étaient morts depuis bien longtemps. Un rictus de frayeur se peignit sur le visage de la petite fille. Sans détacher son regard de la macabre avancée, elle recula ... et se cogna contre quelque chose. Elle n'eut pas le temps de bouger, qu'un bras puissant se glissa sous son cou, bloquant sa respiration. Alors, oubliant le couteau qu'elle cachait dans son caleçon, oubliant les goules qui s'avançaient lentement, elle saisit le bras des deux mains et tenta, vainement, de le repousser. Un rire cruel retentit à ses oreilles.
- Mais en voilà, une petite fille bien sauvage !
Une main lui attrapa violemment le visage, la forçant à tourner la tête, lui permettant de se retrouver nez à nez avec un homme d'âge mur au sourire féroce. Ses yeux étaient rouges.
Lorsque Mim s'en aperçut, la panique finit de l'envahir. Dans un ultime effort pour se libérer, elle planta violemment ses dents dans le bras qui l'étouffait.
L'homme rit à nouveau.
- Alors comme ça, tu aimes mordre, hein ?
Il tourna brusquement la tête de Mim et descendit légèrement son autre bras, de sorte que le cou de la petite fille se trouvait exposé.
- Mais à ce petit jeu, je suis plus doué que toi !
Mim vit l'homme pencher la tête vers sa nuque et, résignée, ferma les yeux.
Un coup de feu résonna dans l'air.
Mim rouvrit les yeux.
Les goules s'étaient retournées. L'homme qui la retenait fixait le cadavre de l'un des monstres, effondré par terre dans une mare de sang, la tête en lambeaux. Mais Mim voyait autre chose.
Un homme de très grande taille, vêtu d'un long manteau et d'un chapeau rouges, pointait vers les cadavres un imposant pistolet noir. L'expression à la foie cruelle et ravie de son visage fit frissonner la petite fille. Allait-il la sauver ? ou la tuer ?
- Alors, raclure, tu crois vraiment que tu vas impressionner qui que ce soit en transformant une petite mendiante en goule ? dit-il d'une voix grondante et ténébreuse.
L'homme qui retenait Mim la jetta violemment à terre.
- De quoi tu te mêles ? Et d'abord, qu'est-ce qu'un type comme toi fait dans ces quartiers délabrés où ne se trouvent que des monstres ?
- Justement, imbécile, si je suis là, c'est pour tuer les monstres !
A peine avait-il finit sa phrase qu'il abattit une goule qui s'était trop approchée de lui. Puis une autre. Et d'autres encore.
Mim, qui avait profité de la fusillade pour se mettre à l'abri, observait la scène. L'homme en rouge abattait toutes les goules sans jamais manquer sa cible. Il semblait même à la petite fille que l'homme ... jouait. Il lui semblait entendre son ricanement de là où elle se trouvait. Il lui tournait le dos, relativement concentré sur ses cibles. C'est alors que l'homme qui avait attrappé Mim se glissa discrètement dans le dos du tireur. Ses crocs proéminents semblait capables de déchirer n'importe quoi. Et apparement, ils visaient la nuque de l'homme en rouge. La petite fille se rendit compte alors qu'il ne pourrait pas se défendre.
Tirant le poignard de son étui, elle chercha un point où elle pourrait se trouver légèrement en hauteur, le trouva, y grimpa et bondit sur le dos de l'homme qui avait tenté de lui mordre le cou. Ce dernier, ne s'y attendant pas, poussa un cri de surprise qui fit se retourner l'homme en rouge. Mim, fermement accrochée, attendit de trouver un équilibre et, sans hésiter, assèna à l'homme un coup de couteau. Elle ne visait aucun endoit du corps en particulier, mais la lame, par un pur hasard, s'enfonça dans le coeur de son agresseur. Celui s'effondra au sol et, à la grande peur de Mim, s'évanouit en poussière que le vent emporta vite.
La petite fille resta un instant ainsi, assise sur le sol et fixant l'endroit où l'être qu'elle venait de tuer avait disparut, refusant d'admettre ce qu'il venait de se produire.
Ce fut un mouvement qui attira son attention et lorsqu'elle releva la tête, elle s'aperçut que l'homme au manteau rouge avait posé un genou à terre pour être à sa hauteur. Ses yeux étaient dissimulés par une imposante paire de lunettes de soleil aux verres jaunes.
- Pas mal pour une gamine. C'est la première fois que tu vois un type comme ça ?
- Euh ... et bien, en fait ...
Vampire
Le mot revint si violemment à l'esprit de Mim qu'elle n'acheva pas sa phrase.
Vampire
La petite fille regarda à nouveau le visage de son interlocuteur.
Son sourire dur laissait apparaître des dents blanches et des canines saillantes ; ses lunettes laissaient apparaître deux yeux rouge aux regard cruel.
La panique envahit à nouveau la petite fille. En un bond, elle était debout et menaçait l'homme de son poignard.
Celui-ci la regarda un instant, l'air amusé, quoiqu'un peu surprit. Mim, le visage crispé par la terreur et la haine, le fixait droit dans les yeux, tout en reculant doucement.
- Allez-vous en ! murmura-t-elle.
Le vampire se releva, la dominant de toute sa hauteur.
Et cette fois, la petite fille eut réellement envie de lui planter son couteau dans le coeur. Mais ses jambes et son bon-sens en décidèrent autrement. Mim tourna les talons et s'enfuit à toutes jambes, sans regarder derrière elle.
Derrière elle, l'imposant vampire vêtu de rouge la regarda courir en souriant cruellement. S'il avait voulut la tuer, il n'aurait eu qu'à lever le bras et à appuyer sur la détente de son pistolet. Un seul geste aurait pu mettre fin à la vie de cette petite humaine qui ne lui inspirait aucune sympathie. Seulement un mépris infini.
L'homme fit demi-tour et repartit dans la ruelle par laquelle il était apparut, ne laissant derrière lui que quelques cadavres décomposés et un petit tas de poussière.

Le jour déclinait rapidement et le ciel, qui s'était entre-temps légèrement dégagé, commençait à prendre des teintes pourpres qui annonçaient la nuit proche.
Edward tourna la tête vers la ruelle qui menait des quartiers Nord. Toute la journée, depuis qu'l était revenu, il avait guetté, attendant anxieusement le retour de son amie. Et lorsqu'il la vit, il crut d'abord qu'elle avait vu un cadavre.
Mim venait d'apparaître au coin du mur, les yeux pleins de frayeur et une main posée sur sa bouche, comme si elle allait vomir d'une seconde à l'autre.
Le jeune garçon appella Iian. Ce dernier sortit sa tête par l'embrasure de la porte et vit Mim à son tour. Les deux amis se précipitèrent vers la petite fille, qui sembla ne pas les voir.
"Hey Mim, demanda Iian d'un air paniqué, est-ce que ça va ?"
La petite fille ne répondit pas tout de suite. Elle continua à regarder devant elle pendant quelques secondes, avant d'articuler un "Ca va" peu convaincant.
Et soudain, comme si elle semblait prendre conscience de l'endroit où elle se trouvait, elle se mit à parler à ses amis.
"Abi ... où est Abi ? Il faut partir ! Dépêchez-vous, rassemblez tout le monde, on doit partir ..."
Les deux garçons se regardèrent, puis regardèrent la petite fille.
- Euh, Mim ... dit Edward.
- Quoi ?
- Regarde le ciel ...
La petite fille leva les yeux, et prit brusquement conscience du temps qui s'était écoulé depuis l'incident dans les quartiers Nord.
- La nuit tombe ... murmura-t-elle.
Elle garda un instant les yeux levés vers le ciel, réfléchissant à la meilleure manière de traiter la situation.
Après quelques instants de réflexion, elle baissa les yeux et se tourna vers ses amis.
- Tout le monde doit rentrer dans la maison maintenant et ne plus en sortir jusqu'à demain matin lorsqu'il fera jour. Tous les deux, aidez-moi à barricader les fenêtres en bas, pendant de Luke et Swann s'occupent de l'étage. C'est compris ?
Elle avait parlé du ton de celui qui commande, si bien que les garçons ne lui posèrent aucune question et s'exécutèrent. Leur inquiétude vis à vis de leur amie ne diminuait pourtant pas, et c'est avec appréhension qu'ils la regardèrent s'affairer avec une nervosité qu'elle n'avait jamais éprouvé avant.

# Posté le dimanche 08 juin 2008 09:22

Hellsing - Demon's Eyes

Hellsing - Demon's Eyes
Et voici une toute petite suite, désolée de la taille, mais je n'ai pas été inspirée pour la suite. En parlant de suite d'ailleurs, elles viendront moins rapidement que les autres, car je ne les ai pas encore rédiger. Il va falloir que j'y pense sérieusement apparemment ^^
Encore merci de continuer à me lire !^^

Chapitre 4 :

La nuit était tombée depuis bien longtemps, et Mim guettait, avec une peur qu'elle n'avait pas ressentit depuis très longtemps, le moindre signe qui aurait justifié une fuite à toute jambe.
Cependant, une foule de questions se bousculaient dans son esprit et elle voulait en connaître les réponses. Peut-être que cela pourrait l'éclairer sur une certaine personne qu'elle n'avait jamais réussit à comprendre ...
Sans un bruit, elle se leva et, silencieuse comme une ombre, passa entre les corps endormis de ses amis. Elle jetta au passage un regard étrange sur Abigaël, comme si sa soeur était une bombe à retardement qui menaçait d'exploser à tout instant. Arrivée à l'autre bout de la pièce, la petite fille posa une main sur la porte, saisit son couteau de l'autre et sortit. Dehors, la nuit était totale et le ciel complètement dégagé, si bien que la pleine lune éclairait les rues d'une lueur blâfarde, semblant faire sortir les fantômes de ces anciens quartiers des nappes de brume qui s'étalaient sur les pavés. Peu rassurée par ce paysage, Mim se mit pourtant à avancer. Elle n'avait pas fait dix pas, qu'elle entendit quelqu'un l'appeler en chuchotant.
"Mim !"
La petite fille se retourna et vit Iian venir vers elle en trottinant.
- Qu'est-ce que tu fais ? Tu as dit qu'on ne devait pas sortir avant qu'il fasse jour !
- Je sais, mais j'ai ... un truc très important à vérifier.
Le petit garçon regarda son amie, méfiant.
- Et ... tu vas où ?
- Dans les quartiers Nord.
La surprise se peignit sur le visage de Iian.
- En pleine nuit ? Dans les quartiers où tu nous interdis de poser le pied ?
- Oui ... dit Mim d'une voix tendue.
- Mais t'es complètement folle, ou quoi ? dit Iian, un peu trop fort au goût de Mim qui plaqua sa main sur la bouche du garçon.
Ils restèrent ainsi immobiles quelques secondes, les yeux fixés sur la maison, dans l'attente d'un bruit ou d'un mouvement qui leur aurait montré que quelqu'un s'était réveillé. Voyant que rien ne troublait l'oppressant silence qui s'était installé, les deux enfants se détendirent, et Mim retira sa main du visage de Iian.
Elle regarda son ami droit dans les yeux et se sentit soudain plus déterminée que jamais. Elle tourna les talons et resserra sa prise sur son couteau.
"J'en ai pas pour longtemps ... murmura-t-elle au garçon. Je veux juste vérifier un truc très important, je te l'ai déjà dit."
Le petit garçon n'était pourtant pas convaincu.
"Et si tu reviens pas ? On fait quoi, nous, sans toi ?"
Mim avait redouté une question de ce genre, car elle espérait de tout coeur que les craintes qu'elle générait n'étaient pas fondées. Et dans le cas contraire ...
"Je compte sur toi et Ed pour vous en sortir. Vous devrez partir loin d'ici, et surtout ..."
Elle déglutit avec difficulté.
"... gardez Abi avec vous. Protégez-là ..."
... et méfiez-vous en, pensa-t-elle. Mais cette réflexion, elle la garda pour elle seule.
Iian regarda intensément le dos de son amie, puisque cette dernière ne voulait pas lui montrer son visage.
"Tu sais, dit-il doucement, Abi m'a raconté qu'elle se réveillait souvent ces derniers temps. Si elle voit que tu n'es pas là ... qu'est-ce que je lui raconte ?"
Un silence s'installa entre les deux amis. Il dura peu de temps, mais il était lourdement chargé des intenses émotions qu'éprouvaient les deux enfants.
Et puis, Mim tourna la tête, un sourire triste illuminant à peine son visage.
"Tu n'as qu'à lui dire que ... je suis partie chercher à manger !"
Et elle partit en courant, s'engageant dans la ruelle d'où elle était venue quelques heures auparavant, après sa rencontre avec les deux créatures qu'elle n'avait espéré revoir que dans ses cauchemars.

# Posté le samedi 14 juin 2008 09:42