Ceci est une première fic, que je ne trouve pas particulièrement réussit, mais que j'ai prit plaisir à écrire malgré tout. Ce premier chapitre est uniquement destiné à poser les personnages, et n'a donc apparement, pas de rapport avec Hellsing, excepté le fait que l'histoire se passe à Londres. Il risque de changer un peu car je n'en suis pas très satisfaite. On verra bien.
Bonne lecture !
Chapitre 1 :Les pieds nus de la petie fille claquaient sur les dalles de pierre
"Reviens ici, sale voleuse !"
Ne surtout pas se retourner. Jamais.
"Au voleur ! Arrêtez-la !"
Toujours courir tout droit, le plus vite possible, et ne surtout pas lâcher son butin. Sauf lorsque cela devient nécessaire. En l'occurence, c'était, semble-t-il, une situation assez délicate pour que la petite fille laisse s'échapper de ses bras frêles le sac de pommes qu'elle avait réussi à subtiliser. Sifflant entre ses dents, réfléchissant à toute vitesse, elle se trouvait maintenant devant un choix difficile : garder le sac au risque de se faire rattraper, ou le laisser tomber pour les ralentir et ne pas manger avant encore longtemps. Courant toujours, entendant les pas se rapprocher, elle pensa soudain à une idée qui fit apparaître un sourire astucieux sur son visage émacié. Elle laissa tomber les pommes. Ou plutôt, elle prit une pomme dans le sac qu'elle lança derrière elle. Le cri et le bruit de chute qui suivirent lui apprit qu'elle avait touché dans le mille. Lançant un autre fruit pour être sûre que les commerçants s'étaient arrêtés, elle se mit à courir plus vite encore qu'elle ne l'avait fait jusqu'à présent. Comptant sur le soutien de ses maigres jambes qu'elle avait entraîné à cet exercice, tenant toujours serré contre elle le sac de pommes, elle fonça en direction d'une minuscule ruelle, s'y engouffra et disparut à la vue de ses poursuivants. Celui qui avait reçu la pomme dans le visage se releva, considéra, furieux, la ruelle où avait disparut son sac de pommes, et tourna les talons en jurant.
"Cette sale gamine ... c'est le troisième sac qu'elle me vole en un mois ... et quand elle ne les jette pas carrément dans la Tamise, c'est dans ma tête qu'elle les envoie ! Ah ça, je la louperai pas la prochaine fois !"
Et il retourna, furibond, vers son stand de fruits, où l'attendaient déjà une foule de clients impatients et râlant.
La petite fille courrait toujours dans la ruelle, s'enfonçant toujours plus profondément à l'intérieur de la ville. Elle ne croisa personne le long de ce chemin étroit et sale. L'écho de ses pas sur le sol se répercutait autour d'elle, l'empêchant de savoir si elle était encore poursuivie, ou non. Elle ralentit doucement, puis, quand elle fut certaine qu'elle était seule, elle s'arrêta et s'appuya contre un mur, haletante, épuisée mais heureuse de sa réussite. Un sourire de victoire se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle se laissait glisser le long de la façade. Elle prit une pomme du sac, la souleva devant ses yeux, la fit tourner dans sa main ... et mordit dedans avec toute la violence de celui qui n'a rien mangé depuis bien longtemps. Elle ne laissa rien du fruit, pas même le trognon. Après avoir terminé son maigre festin, elle essuya le jus qui coulait le long de son menton. Elle saisit le sac de fruits, le serra fermement dans ses bras, et se remit en route en trottinant, en direction d'un quartier désafecté dont elle seule connaissait l'emplacement. Les bruits de ses pas se répercutaient autour d'elle.
"La voilà !" s'écria un petit garçon en montrant une silhouette qui se rapprochait et qui semblait tenir contre son coeur un objet très précieux. A ces mots, plusieurs autres enfants sortir en courant d'une maison aux vitres brisées où ils avaient élu domicile. L'un d'entre eux rentra la tête dans le bâtiment.
"Mim est revenue !" Et il rejoignit ses amis qui s'étaient déjà rassemblés autour de leur aînée. Celle-ci, fière et heureuse, leur montrait son butin. Avec ça, ils auraient de quoi tenir une semaine, si chacun veillait à se rationner. Mais ça, ils en avaient l'habitude. La nourriture qu'ils trouvaient était trop précieuse et trop rare pour être gâchée. Le petit garçon qui avait prévenu les autres de l'arrivée de Mim s'arrêta devant elle. La petite fille baissa la tête et tendit son poing fermé.
"Yo Iian, quoi de neuf pendant que j'étais partie ?"
Iian posa son propre poing sur celui de son amie.
"- Rien aux alentours.
- Et cette partie de chasse, alors ?"
Le visage du garçon s'assombrit. Honteux, il baissa la tête vers le sol. Mim le regarda, compréhensive. Elle mit une main dans ses cheveux et lui ébouriffa le crâne.
"- Bah, t'inquiète pas, va ! On a assez à manger pour quelques jours avec ça !
- Ouais, mais ça m'énerve d'avoir raté encore une fois.
- Ca ira mieux la prochaine fois, va ! Et puis, vous êtes revenu toi et Swann, c'est le plus important ..."
Sa voix mourut légèrement lorsqu'elle vit le visage blanc et angélique dans l'encadrement de la porte. "Hey, Abi !" dit Mim.
Son visage était caché par une épaisse écharpe de laine élimée, de telle sorte que ne pointait par dessus ses vêtements que le bout de son nez et ses yeux d'un vert extraordinaire. Des yeux qui se remplirent vite de larmes, et avant que Mim ait pu le réaliser, la petite fille la serrait dans ses bras le plus fort qu'elle pouvait.
Sentant les larmes couler le long de son t-shirt usé, une boule vint se loger dans la gorge de Mim. Elle repoussa les petits bras, s'accroupit et caressa les boucles blondes qui entouraient la tête d'Abigaël.
"- Hey, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle avec un sourir rassurant, mais qui trahissait son inquiétude.
- R ... rien, dit la petite fille entre deux reniflements. J'ai juste ... eu peur que tu ne reviennes pas !
- Enfin Abi, faut pas s'inquiéter pour si peu ! Je reviens toujours, non ?
- Oui ... murmura Abigaël .... tu reviens toujours."
Elle avait arrêté de pleurer. La saleté était partie là où les larmes étaient passées ; elle dardait maintenant son regard vert dans les yeux gris de Mim. Un regard pénétrant, qui la surprit.
"- Pourquoi tu es partie aussi longtemps ? Où tu es allée ?
- Je suis allée chercher à manger !"
Le visage de la petite fille s'illumina de bonheur. Ses yeux redevinrent ceux d'une petite enfant, brillants d'impatience.
"Oh super, à manger ! Qu'est-ce que tu as ramené ?"
Avec un grand sourire, Mim sortit une pomme du sac et l'exhiba fièrement devant les yeux de la petite fille. Celle-ci ne put retenir une exclamation de joie et elle tendit la main vers le fruit. Mim joua un peu avec, le mettant hors de portée des petites mains, puis juste assez près pour qu'elle l'effleure mais ne l'attrape pas. En riant, elle lui tendit finalement la pomme.
"Allez tout le monde ! A table !"
Des excalamtions enjouées se firent entendre de la petite foule rassemblée autour de Mim. Essayant de rétablir un ordre relatif, elle finit par obtenir des six enfants affamés qu'ils se mettent en file indienne devant elle. Puis elle leur donna deux pomme chacun et une autre pour Abigaël. Tous repartirent avec leurs frutis dans les bras, heureux de pouvoir enfin manger après une longue période de jeun forcé. Mim les regardait et attendit qu'aucun d'eux ne lui prête plus attention pour s'asseoir contre le mur et arrêter de sourire.
"Qu'est-ce que tu as ?" demanda une voix au-dessus d'elle.
Levant les yeux, elle remarque l'air inquiet de Iian.
"Parle moins fort ! lui chuchota-t-elle. Je suis juste ... frustrée.
- Frustrée ? dit le garçon et s'asseyant à côté d'elle. Pourquoi ? On a à manger, non ?
- Oui mais dans une semaine il faudra retourner chercher de la nourriture, et c'est de plus en plus dur ! On risque encore de passer un bout de temps sans manger.
- Ca doit pas trop te déranger, toi, de rien manger ..."
Mim fut choquée. Elle ne s'attendait pas à ça.
"- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je t'ai jamais vu manger, que ce soit moi, Swann, Luke ou toi qui ramène de quoi survivre. T'es plus maigre que nous tous réunit, parce que tu nous donnes toujours ta ration ... même si tu en gardes un peu plus pour Abi.
- Faut comprendre : elle n'a que cinq ans, ce que vous mangez peut pas lui suffire. Vous avez tous neuf ou dix ans, c'est normal que vous mangiez plus que moi, qui ai douze ans et qui peut me permettre de me priver sans que ça me manque.
- Ca c'est une excuse minable, dit Iian.
Puis il lui dit :
"- T'as mangé une pomme, ou pas ?
- Ouais, sur la route en revenant. J'ai tout mangé, ça fait tellement longtemps qu'on n'avait pas trouvé de fruits frais !" dit Mim.
Le garçon la regarda droit dans les yeux. Mim ne cilla pas.
" Ok, je te crois", dit-il.
Puis il se leva et, après un regard sur son amie, il retourna avec les autres enfants.
La petite fille soupira. Elle ferma les yeux ... et sentit une goutte d'eau froide s'écraser sur son front. Elle rouvrit les yeux, leva la tête et reçu une autre goutte. Puis une autre. Une autre encore. Elle se leva et partit en trombe dans la maison abandonée, récupérant le sac de pommes et faisant signe aux autres de rentrer. La pluie tomba drue juste au moment où tout le monde s'était abrité dans le bâtiment. Comme à chaque orage, Mim entreprit, avec l'aide des garçons, d'obstruer les fenêtres brisées avec des planches de bois, quelques clous et un vieux marteau qu'elle avait trouvé un jour dans un vieux débarras. Une fois le rez-de-chaussée protégé, un pseudo silence s'établit, car le bruit des gouttes d'eau s'écrasant sur les pierres de la rue étaient très atténué par la rapide - mais néanmoins efficace - protection. L'étage était déjà barricadé. Il l'était toujours, car on y allait peu. Seulement pour y dormir lorsque les hivers étaient trop froids, car il y avait encore (par quel miracle, c'était encore un mystère) des vitres qui isolaient de la glace et de la grêle.
La lumière déclina rapidement, et bientôt il ne fut plus possible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Tous décidèrent qu'il était temps de se coucher. Les épaisses couvertures que Mim avait trouvé dans les bâtiments alentours protégeaient bien du froid, mais tous, en général, s'endormaient les uns contre les autres - le plus souvent pour se sentir moins seul. Seule Mim ne dormait pas avec les autres. En fait, Mim ne dormait jamais, constamment à l'affût d'un bruit, d'un geste, d'une vibration qui l'aurait avertit de la présence de quelqu'un ... ou de quelque chose. Parfois, elle glissait dans une sorte de torpeur et laissait vagabonder son esprit un instant, puis secouait la tête, repoussait les mèches brunes qui se collaient sur son front et reprenait sa surveillance. Ce soir-là n'y fit pas exception. Au beau milieu de la nuit pourtant, une silhouette emitouflée dans un épais pullover et le nez caché par une grosse écharpe s'approcha d'elle.
"Mim ... je peux dormir près de toi ?"
Celle-ci haussa les épaules et étendit ses longues jambes maigres. Abigaël sourit et s'allongea sur les jambes de Mim, s'enroulla dans sa couverture et, fermant les yeux, poussa un soupir satisfait.
Le silence s'était fait depuis quelques minutes, quand elle chuchota :
"- Dit Mim ...
-Hum ? fit-elle sans détourner son regard.
- Tu crois que les autres savent pour nous ?"
Mim leva un sourcil étonné et baissa les yeux sur la petite fille.
"- Je ne pense pas ... pourquoi ?
- Parce que j'ai peur qu'ils fassent comme tout le monde et qu'ils nous trouvent bizarre parce que tu me protège beaucoup.
- Pff, c'est idiot de ta part de penser ça ! Il ne faut pas que tu t'en inquiète, ça n'arrivera pas ... et même si ça le devait, je sais qu'ils comprendront ... sans nous juger ou dire des choses totalement absurdes. Je leur fait totalement confiance,et je sais qu'il en sera ainsi."
Le visage d'Abigaël s'illumina.
"- Tu le crois vraiment ?
- Je ne vois pas pourquoi je te mentirais." répondit Mim.
La petite fille la regarda de ses yeux verts qui semblaient luirent dans l'obscurité. Puis elle abaissa ses paupières et se blottit tout contre le corps de Mim.
"- Merci d'être restée avec moi, grande soeur !
- De rien ..." dit Mim, caressant distraitement les boucles blondes de sa petite soeur. Elle attendit de la sentir se détendre sous ses doigts, que sa respiration devienne lente et régulière et arrêta son mouvement. Le regard fixé droit devant elle, Mim laissa son esprit partir quelques secondes, libéré de nombre de chaînes qu'elle n'avait révélé à personne. Elle ouvrit la cage et le laissa virevolter quelques instants, puis elle l'attrappa, le jetta violemment dans sa prison et remit le verrou.
Dehors la pluie continuait toujours, détrempant tout et emportant les souvenirs de Mim avec elle, le long des rigoles et des caniveaux.